Un voyage silencieux, étrange et profondément humain, où la lumière devient langage.
Une œuvre imparfaite, mais précieuse
Au terme de l’aventure, Keeper laisse une impression étrange et précieuse, comme ces rêves dont les images persistent sans que nous parvenions à tout expliquer. Double Fine signe ici une œuvre profondément sensorielle, parfois bancale, souvent déroutante, mais animée par une sincérité rare. Tout n’est pas parfaitement huilé, loin de là... Le rythme connaît quelques creux, certaines idées s’étirent un peu trop et la narration, volontairement muette, emprunte des chemins déjà bien balisés. Pourtant, malgré ces aspérités, nous restons happés par cette marche improbable, guidés davantage par la curiosité que par un objectif clairement défini. Et c’est précisément là que Keeper trouve sa force.
Un de ces titres imparfaits mais profondément mémorables, capables de nous faire sourire...
Ce qui marque durablement, ce n’est pas tant ce que le jeu raconte que la manière dont il le fait ressentir. Chaque mutation de gameplay, chaque surprise visuelle, chaque interaction silencieuse entre le phare et Twig participe à créer un lien presque affectif avec ce duo improbable. Nous acceptons volontiers les contrôles parfois capricieux ou la caméra un peu trop autoritaire, parce que Keeper déborde d’idées et ose constamment se réinventer, quitte à trébucher en chemin. À l’image de son héros aux jambes brinquebalantes, le jeu avance parfois de travers, mais toujours avec une personnalité débordante et un sens de la mise en scène qui force le respect.
Au final, Keeper n’est pas un jeu que nous recommandons pour sa perfection technique ou la clarté de ses mécaniques, mais pour son audace et son âme. C’est une expérience qui préfère surprendre plutôt que rassurer, qui accepte ses propres défauts pour mieux laisser s’exprimer sa créativité. Un de ces titres imparfaits mais profondément mémorables, capables de nous faire sourire, nous agacer, puis nous toucher sans jamais prononcer un mot. Et si tomber amoureux d’un phare vous semble improbable, rassurez-vous, nous étions sceptiques aussi... avant de rallumer la lumière une dernière fois.
- La direction artistique somptueuse, surréaliste
- Le duo phare / Twig, incroyablement expressif sans un mot
- Une créativité ludique constante, avec des mécaniques qui se renouvellent
- Une expérience contemplative unique, qui privilégie la découverte et l’émotion
- Un rythme inégal, avec des phases qui s’étirent inutilement
- Une caméra parfois trop rigide, source de confusion
- Une bande-son inégale, parfois répétitive






Commenter 1 commentaire
Malheureusement un excellent jeu absolument pas marketé correctement, ni soutenu par Microsoft lors de sa sortie…