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Resident Evil Bienvenue a Raccoon City (3)

CRITIQUE de Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City, la lumière au bout du tunnel ?

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La franchise de Capcom a droit à un reboot cinématographique, qui se démarque déjà des précédents films mais sans jamais briller.

La mode des adaptations de jeux vidéo au cinéma a vraiment explosé avec Resident Evil, film d'horreur réalisé par Paul W.S. Anderson, produit par Constantin Film et mettant en scène Alice, un personnage inédit incarné par Milla Jovovich. Un succès commercial, mais un massacre pour tous les fans de la franchise, les films ont vite oublié les jeux de Capcom pour faire leur vie dans leurs coins. Et voilà que quatre ans après le Chapitre Final, la paire P W.S. A et Constantin Film est de retour à la production de Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City.

Cette fois, les producteurs ont changé leur fusil d'épaule, et ce reboot se base réellement sur les deux premiers jeux vidéo de la saga, à savoir Resident Evil: Rebirth et Resident Evil 2 (le remake), dans le manoir Spencer à Arklay et au commissariat de Raccoon City donc. Derrière la caméra, nous avons Johannes Roberts, habitué des films d'horreur vraiment pas terribles et des 47 Meters Down, un régal pour les amateurs de requins et de sang, mais c'est tout. Alors, que vaut ce Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City ? Eh bien pas grand-chose, malheureusement, mais tout n'est pas à jeter.

Nous n'avons pas passé un trop mauvais moment devant ce Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City.


Resident Evil Bienvenue a Raccoon City (3)Le film s'ouvre sur un flashback d'une jeune fille orpheline dans un orphelinat créé par Umbrella. Les scénaristes ne font pas dans la finesse et veulent ici donner de la profondeur à certains personnages, qui en ont en effet bien besoin. Cette jeune fille, c'est Claire Redfield, coincée dans ce lieu lugubre avec son frère Chris pour subir les expérimentations de William Birkin, et dès le début, le fan des jeux vidéo passe par plusieurs émotions. L'enfance des Redfield est rarement abordée dans les jeux, mais en y réfléchissant bien, leurs personnages ne sont vraiment pas caractérisés dans les deux premiers titres de Capcom, il fallait bien le faire ici, et cela fonctionne, moyennement. C'est surtout un prétexte pour éloigner les deux enfants, expliquer la tension qui les animent encore aujourd'hui et installer le personnage de Claire Redfield, la seule à avoir eu droit à un peu d'attention de la part des scénaristes. Si vous connaissez les jeux vidéo, vous n'allez pas vraiment être surpris, même si Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City prend des risques en mélangeant vraiment les deux jeux, donnant lieu à des rencontres inédites cocasses. La trame de l'histoire suit celles des jeux vidéo, avec bien sûr de gros raccourcis, il fallait bien réunir tous ces personnages et caser l'ensemble dans 1h47 de film. Mais mine de rien, le scénario se déroule sans temps morts, les fans reconnaissent presque chaque séquence sans que cela ne soit trop appuyé, Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City ne prend pas le spectateur pour un idiot et tente réellement de contenter les joueurs, même si cela est souvent fait de manière très maladroite. Et ça passe notamment par une écriture catastrophique du côté des personnages.

Nous l'avons déjà dit, Claire Redfield vole la vedette à tout le monde. Déjà, parce que son personnage est central au scénario, et qu'elle est incarnée par Kaya Scodelario (Le Labyrinthe), la seule qui ne semble pas issue d'un casting alcoolisé fait après avoir visionné un fan film. Ne crachons pas non plus trop sur Chris (Robbie Amell), il a la carrure de l'emploi mais son personnage reste très sous exploité, cantonné à Mr Muscle. Jill Valentine est cependant à des années-lumière du personnage des jeux vidéo, devenant ici une femme impulsive, Hanna John-Kamen (Black Widow) a du mal à faire ressortir les souvenirs des joueurs, préférant donner vie à un personnage nouveau, mais pas si mauvaise. Mais le vrai problème de ce casting, ce sont Leon S. Kennedy et Albert Wesker. Ce dernier est ici moins caricatural que dans les jeux, parfois drôle et même touchant, dépassé par les évènements qui surviennent à Arklay, mais campé par un Tom Hopper toujours à l'ouest dans son jeu, n'arrivant jamais à transmettre la bonne émotion. Et Leon... eh bien disons que son personnage ne sert absolument à rien dans le film, et qu'Avan Jogia étant le sosie parfait de Carlos Oliviera (Resident Evil 3), l'immersion est complètement ratée, allant même jusqu'à lâcher une punch line digne des pires films d'action à la toute fin, bien loin de son rôle de jeune flic novice dans les jeux. Certes, comparer les jeux vidéo au film n'est pas forcément la chose à faire, mais même en ne se focalisant que sur ce long-métrage, les personnages manquent de profondeur, les scénaristes ont voulu caser trop de monde en trop peu de temps, en résultent des caractérisations bien trop rapides et un attachement à ces héros quasi inexistant tout au long du film.

Resident Evil Bienvenue a Raccoon City (2)Comme les jeux de Capcom, Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City est vendu comme un film d'horreur, interdit aux moins de 12 ans dans les salles de cinéma françaises, et il faut bien avouer qu'il fait le job, si vous aimez les jump scares prévisibles avec le son qui vous casse les tympans. Johannes Roberts ne fait pas dans la finesse, avec des zombies ou autres éléments qui surgissent d'un coup sur les personnages, c'est de l'horreur pop corn, mais il faut bien avouer que cela fonctionne si vous êtes amateur du genre. Le film aurait également pu être une œuvre gore, si le sang n'étant pas aussi sombre, caché par un éclairage lui aussi peu lumineux. Et pourtant, des morts sanglantes, il y en a, mais pas de quoi choquer les habitués de l'horreur, en film ou en jeu vidéo. Et il ne manque que les monstres... Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City pioche dans le bestiaire de Resident Evil: Rebirth (le remake GameCube du premier volet) et de Resident Evil 2, avec notamment un Licker furtif, sur-utilisé dans les bandes-annonces, mais finalement peu présent, ne donnant lieu qu'à un combat... improbable, nous n'en dirons pas davantage pour ne pas vous gâcher la surprise. L'occasion de mentionner les effets spéciaux en 3D, qui permettent des animations plus fluides, mais qui manquent encore pas mal de budget pour impressionner les joueurs, habitués aux cinématiques désormais photoréalistes dans les jeux. Et pourquoi parler de RE: Rebirth ? Eh bien parce que Lisa Trevor est de la partie, cette jeune fille au visage caché par la peau du cadavre de sa mère dans le jeu vidéo a ici pas mal de temps à l'écran, et arrive à être à la fois effrayante et touchante, comme dans le jeu donc. Pour le coup, c'était une bonne surprise, et cela compense avec les zombies, pourtant centraux dans Resident Evil. Ici, les infectés au Virus-T sont quand même très mal maquillés, ressemblant davantage à des goules malades qu'à des créatures en putréfaction, même s'il est vrai que l'incident est assez récent. D'ailleurs, nous voyons régulièrement la ville de Raccoon City sombrer petit à petit dans l'horreur, une originalité bienvenue et qui montre l'étendue de la catastrophe, pas seulement cantonnée à un manoir dans les montages ou à un commissariat.

S'il y a bien un point sur lequel Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City nous a étonnés, c'est sur sa mise en scène. Le réalisateur n'est pas doué, nous l'avions déjà vu dans les 47 Meters Down, mais il a visiblement été aidé par son directeur de la photographie Maxime Alexandre (Crawl, Shazam!, Catacombes), et le film nous propose quelques fulgurances, comme un plan-séquence dans une voiture (principalement à l'arrêt, mais quand même) ou encore l'utilisation d'une double focale, un vieux trucage pour avoir une image entièrement nette malgré deux profondeurs de champ. Pour un film qui ressemble quand même dans son ensemble à un fan movie avec un peu de budget, c'est appréciable, et cela montre bien une chose : Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City essaye de faire des choses. Il tente des idées, ose des mises en scène atypiques, à l'image d'un combat entre Chris et des zombies éclairé au briquet, petit clin d'œil à l'objet des jeux et qui accouche d'une réelle tension, même si l'image alternant entre le noir total et la lumière de la flamme n'arrive pas à sublimer la tentative. Mais le film ne se contente pas de cadrer bêtement ses plans, de filmer des combats nerveux (rassurez-vous, aucun coup spécial de kung-fu n'est lâché ici), il ose placer la caméra à des endroits inattendus, à soigner son éclairage pour mettre en avant certains éléments comme le manoir d'Arklay, et même si cela reste rare ou maladroit, eh bien le spectateur apprécie l'effort.

Resident Evil Bienvenue a Raccoon City (1)

Avouons-le, après avoir souffert pendant des années avec la saga de Paul W.S. Anderson, nous craignions d'aller voir ce Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City, mais finalement, eh bien le film se laisse regarder. Il est loin d'être une réussite, l'écriture est globalement ratée à force de vouloir mettre trop de choses dans un seul long-métrage, le casting est vraiment en dents de scie, les effets spéciaux auraient mérité un peu plus de soin, mais grâce à sa mise en scène qui tente des choses et ses nombreuses références aux jeux vidéo, souvent bien utilisées et rarement forcées, nous n'avons pas passé un trop mauvais moment devant ce Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City. Bon, il y a bien une scène post-générique teasant une suite, mais il ne faut pas trop pousser non plus...

Note : 2 étoiles sur 5

Si vous voulez un vrai bon Leon S. Kennedy, tournez-vous vers le remake de Resident Evil 2, vendu 24,02 € sur Amazon, 29,99 € à la Fnac ou 19,99 € chez Micromania.

redacteur vignetteClint008
Rédacteur - Testeur

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