Actualité
Interview Asenka Head 290512 01

Asenka de Capcom explique à MediaGen sa vision sur les DLC de SFxTK

par

Un Community Manager, un canapé, un micro : une interview exclusive.

Ce qui est embêtant lorsque nous travaillons pour une grande société telle que Capcom, c'est que la grande majorité du public peut penser que nous sommes contrôlés, que nos propos sont réglés comme du papier à musique, et que nous sommes forcément du côté de notre employeur.

Cependant, nous notons que, jusqu'à présent, les seuls à avoir réellement répondu et affronté la colère des fans qui se sont sentis lésés par la présence des tristement célèbres DLC sur le disque de Street Fighter x Tekken sont les employés ayant le statut de Community Manager, dont un en particulier et parmi les plus connus de la famille Capcom : Christian Svensson.

À l'occasion du Stunfest 2012, un festival de jeu vidéo "retro arcade geeko indie" comme ses organisateurs aiment le définir, l'équipe de MediaGen avait fait le déplacement pour découvrir un salon un peu à part, où les conférences et les matches de jeux de baston organisés se vivent sur des transats, où les bornes d'arcade supplantent n'importe quelle console en vogue et où tout le monde se connait sans s'avoir comment l'autre s'appelle. Une ambiance sympa et décontractée à laquelle Capcom a contribué, et fut représenté par notre Community Manager français : Guillaume Dorison, que les amateurs de versus fighting connaissent certainement sous le pseudo Asenka. Joueur plus que talentueux depuis le début des années 2000 sur à peu près tous les grands titres de baston, qu'il s'agisse de Street Fighter, SoulCalibur, Guilty Gear ou The King of Fighters, Asenka nous a livré sans concessions son avis propre, légitime et totalement réfléchi sur la fameuse polémique des contenus additionnels présents mais bloqués sur le disque de Street Fighter x Tekken.

Conscient que l'entreprise pour laquelle il travaille n'a pas bien su gérer cette sombre affaire, Asenka nous livre, durant une bonne dizaine de minutes, ses arguments qui font pencher la balance en faveur de Capcom, pas en tant que simple entreprise, mais en tant qu'entreprise de jeu vidéo. Car, si Asenka est désormais un employé de la société, il n'en reste pas moins un joueur, un consommateur et un homme qui dispose de sa liberté de penser.

Comme vous avez pu le voir, le Community Manager prend soin tout au long de l'interview de se détacher de sa casquette d'employé de Capcom pour regarder cette affaire sous l'aspect le plus objectif possible. Il commence donc par nous rappeler que cette entreprise familiale japonaise suit la mouvance du domaine des jeux vidéos, qui n'ont pas tardé à s'approprier Internet à des fins que la plupart des gens ne distinguent pas lorsqu'il s'agit du sujet épineux des DLC. Ces contenus additionnels ont profondément modifié plusieurs choses selon Asenka : la durée de vie d'un jeu qui est désormais beaucoup plus longue qu'auparavant, la diminution des suites faciles ou sans grandes innovations comme il se faisait auparavant avec des suites à tour de bras, et enfin le prix engagé par le joueur sur la durée de vie de son jeu. Comme exemple, Asenka compare Super Street Fighter IV à un Call of Duty ou un FIFA. Ces deux dernières séries bénéficient d'une mise à jour annuelle systématique depuis de nombreuses années sous la forme d'un nouveau titre, que le fan se procure au prix fort chaque année. A contrario : Super Street Fighter IV, qui était une mise à jour à prix réduit sortie en avril 2010 de Street Fighter IV, s'est vu adjoindre un DLC payant un an plus tard (Arcade Edition), puis une grosse mise à jour gratuite (Ver. 2012, qui a même permis au vieux SFIV d'être compatible avec n'importe quelle version du jeu), ce qui a fait monter la facture à 70 € (SFIV) + 40 € (SSFIV) + 15 € (AE) + 0 € (Ver. 2012) ; soit un total de 125 € pour quatre mises à jour en l'espace de trois ans. Un jeu de foot ou un FPS nous aurait contraints à l'achat de trois jeux à 70 €, soit un total de 210 €. C'est un argument qui parait être fondamental pour le Community Manager : une série qui est souvent mise à jour, mais qui oblige tout le monde à posséder la même version ne lui convient pas. D'ailleurs, Asenka n'oublie pas que Capcom a fauté par le passé avec Ultimate Marvel vs Capcom 3, qui rendit sa version antérieure Marvel vs Capcom 3 complètement obsolète et incompatible avec la nouvelle version du jeu.

C'est peut-être cela, d'ailleurs, qui fait la force des propos de Guillaume Dorison : il n'oublie jamais de citer les bons comme les mauvais exemples de la société pour laquelle il travaille, mais qui a toujours su apprendre de ses erreurs comme il nous le fait remarquer, puisque Street Fighter x Tekken profite de la mauvaise expérience de Ultimate Marvel vs Capcom 3 pour permettre à ses acheteurs de garder le jeu de base, sans qu'ils se sentent bafoués à cause d'une version "ultimate super turbo alpha prime" qui rendrait leur "galette" inutilisable. Asenka en vient d'ailleurs à parler du problème des DLC présents sur le disque. Pour ce joueur talentueux dans le domaine du versus fighting, qu'un DLC soit présent sur le disque plutôt qu'à télécharger par paquets de centaines de Mo ne représente aucune différence, voire même carrément un avantage, puisque le jour où les contenus sont débloqués, le DLC est très vite récupéré. Là-dessus, le Community Manager est difficilement attaquable, car nous ne pouvons pas vraiment jeter la pierre à Capcom en les désignant comme inventeurs du DLC sur disque : d'autres l'ont fait avant eux et n'ont eu aucun scrupule à nous vendre la fin de leur jeu en DLC. De plus, si nous suivons le raisonnement d'Asenka, nous ne pouvons encore une fois qu'aller dans son sens puisqu'un FIFA annuel qui se paie au prix fort, soit 70 €, nous ramène à deux jeux (dont un devenu obsolète) pour 140€ ; alors qu'un Street Fighter x Tekken dont la durée de vie aura été allongée et l'intérêt relancé par un DLC rajoutant douze personnages au prix de 20 € en plus des 60 € du jeu d'origine (et dont le prix ne cesse de baisser avec le temps) nous amène à 10 € près au prix d'un jeu normal.

Les avis négatifs étant plus prompts à sortir sans le moindre calcul, cet exemple présenté par Asenka à le mérite de faire réfléchir plus posément et de se rendre compte de nouveaux paramètres : Capcom n'est pas l'inventeur ni l'unique utilisateur du DLC sur disque, les Japonais font partie des derniers acteurs du jeu vidéo à ne pas avoir adopté un quelconque Online Pass, et quiconque penserait que les DLC ne sont pensés et développés qu'une fois le jeu sorti en magasin ferait une monumentale erreur. D'ailleurs, Asenka l'a brièvement évoqué en disant que les DLC sont inscrits dans le business plan d'un éditeur, ce qui signifie qu'un DLC n'est pas préparé après la sortie d'un jeu mais bel et bien en amont, et se retrouve donc retiré à l'avance du contenu du disque original.

Reste à savoir si Asenka prête les bonnes intentions à Capcom en déclarant que l'éditeur ne cherche qu'à allonger au maximum la durée de vie d'un jeu grâce à son exploitation des DLC au détriment d'une multiplication de suites, comme l'éditeur l'a d'ailleurs fait à l'époque des consoles de vieille génération avec, par exemple, la monumentale série des Megaman. Mais cette interview a au moins eu le mérite de montrer qu'un employé de Capcom n'est pas qu'un simple pion corporate, et que chaque acteur de la société est capable de réfléchir librement et en toute sincérité sur les méthodes mises en œuvre par la société japonaise.

Commenter 6 commentaires

Anonymous
Il a pas tord dans ce qu'il dis Asenka. Même si c'est vrai qu'avoir les DLC sur le CD passe toujours pour une quennele, ca permet de remettre le jeu au gout du jour pour tout le monde sans passer par la casse nouveau jeu à 70€.

Comme ça a été dis dans la news, certains studios vendaient carrement la fin du jeu en DLC (Ubisoft avec Prince of Persia), donc je pense pas que Capcom soit les seul à blamer pour ça
Signaler Citer
Avatar de l’utilisateur
OroChiMaRu33
OroChiMaRu33 a écrit:
Cedasse42 a écrit:Topic de nouveau accessible ;)


Je n'arrive pas à lire la vidéo
Elle reste figé


C'est bon :)
Là j'ai droit à la pub ...



Je viens de regarder les 9 mins de vidéo
Je suis d'accord avec lui, mais je rajouterai une variante.
Si l'on veut se faire plaisir et acheter une suite (peut importe le format) car le jeu est bien ça n'a pas de prix, où alors si l'on veut se donner un prix le consommateur se fixe son propre prix.

Sauf pour une chose, la licence dans le domaine vidéoludique s'arrête 70 ans après la mort du possesseur ... (à vérifier, quand ma femme rentrera)

De plus vivre avec son temps, serait de proposer la possibilité d'acheter la licence d'exploitation aux utilisateurs (tout comme les bibliothèques).
Signaler Citer
Aizen
Chaud quand même le côté "oui, c'est un grand gain de temps côté téléchargement!!!".

Bon, il est clair que télécharger une clé qui débloque le contenu sur le disque est un gain de temps par rapport au fait de télécharger tout le contenu sur le store.

Mais on en revient toujours au fait d'acheter un disque "bridé", tu paies ton jeu plein pot, et pour finir, on te dit que tu peux acheter du contenu supplémentaire qui est déjà présent sur le disque que tu as payé! |:(

Et après ils mettent en avant le gain de temps de téléchargement pour essayer de convaincre les gens et leurs faire oublier qu'ils achètent un disque "bridé". |:(

Pour moi, c'est du vol dans le sens où tu t'appropries un objet que tu crois "complet", mais qui contient en fait du contenu caché uniquement débloquable moyennant de l'argent! :(
Signaler Citer