Test Switch
Metroid Dread Test vignette 06 10 2021

TEST Metroid Dread : l'évolution naturelle et irrésistible de la licence

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Metroid Dread : Samus a enfin droit à sa propre aventure sur Switch, la première inédite de ce style en près de 19 ans, et nous en redemandons !

Le retour de la jeune dame

En novembre 2002, les joueurs possédant une Game Boy Advance découvraient Metroid Fusion, un quatrième épisode en 2D plus linéaire que ses prédécesseurs, mais tout aussi prenant et qui mettait son héroïne Samus Aran face à une menace inédite, le parasite X. Bien que la licence se soit ensuite diversifiée avec les spin-off à succès Prime façon FPS, avant plusieurs années de traversée du désert à la suite d'Other M, la communauté espérait tout de même qu'une suite voie le jour. Alors que nous savons Metroid Prime 4 en développement pour la Switch, c'est une excellente surprise que Nintendo nous a donc réservée pour les 35 ans de la série en dévoilant à l'E3 2021 Metroid Dread, la tant attendue cinquième aventure principale reprenant les codes des Metroidvania, dont le nom planait depuis des années sur la Toile. À la tête du projet, nous retrouvons le producteur Yoshio Sakamoto et l'équipe de MercurySteam qui avait signé l'excellent remake Metroid: Samus Returns sur 3DS. Suite à nos premières impressions, nous faisions référence à ce Metroid 5 comme une possible « apothéose de la licence en 2D », est-ce vraiment le cas ? Accrochez votre ceinture, direction ZDR pour avoir la réponse !

Vous trouverez assurément Samus badass au possible.

Metroid Dread Test 01 06 10 2021Bien conscient qu'une partie du public n'a sans doute jamais eu l'occasion de jouer à Metroid Fusion, les développeurs nous présentent brièvement les évènements de ce dernier en guise d'introduction, alors que Samus arrive en orbite de son objectif, une bonne initiative. Cela suffit amplement pour avoir une idée des faits, et ce constat est également vrai pour Samus Returns. En effet, il n'existe désormais plus aucun métroïde dans la galaxie, seule espèce prédatrice du parasite X, le déclencheur de cette intrigue une fois de plus alors qu'il est lui aussi censé avoir disparu. C'est suite à la réception d'une vidéo montrant à priori l'un de ces derniers que la Fédération Galactique décida de déployer 7 robots d'exploration E.M.M.I. sur ZDR, tous portés disparus une fois débarqués... En ultime recours, c'est donc cette chère Samus Aran qui a été envoyée au casse-pipe et, vous vous en doutez, ça tourne mal. Un mystérieux guerrier de la race Chozo se met sur sa route dans les tréfonds de la planète, mais un étrange phénomène se produit et, lorsque nous prenons enfin le contrôle de notre personnage, la majeure partie de ses pouvoirs a disparu et sa combinaison de puissance altérée. Que s'est-il passé ? Il faudra aller au bout de l'aventure pour le découvrir.

Les jeux Metroid de la série principale n'ont jamais brillé par leur scénario, assez minimalistes en laissant libre court à l'exploration et au speedrun, bien que Fusion étoffait davantage la psyché de son héroïne et le lore général, et Metroid Dread ne fait pas tant que ça exception à la règle puisque l'objectif de Samus tout au long du jeu est de regagner son vaisseau à la surface de la planète tout en survivant, simple et efficace. Évidemment, de multiples dangers et péripéties l'attendent en chemin, avec quelques plot twists et révélations à même de régaler les fans, et les laisser songeurs avec des questions plein la tête.

Metroid Dread Test 02 06 10 2021Bien qu'Adam donne des indications avec sa voix numérique datée (J.A.R.V.I.S. et consort sont passés par là depuis les années 2000), nous sommes plus dans du « show, don't tell » et MercurySteam a de nouveau pondu tout un tas de cinématiques pour nous en mettre plein la vue. Après ces efforts de mise en scène, vous trouverez assurément Samus badass au possible si ce n'était pas déjà le cas, même si la chasseuse de primes conserve une part de fragilité qui s'exprime par moment dans son regard à travers la visière de son casque, une belle manière de nous rappeler que nous ne contrôlons pas une coquille vide. Les seules exceptions à ce style de narration, qui passe aussi par l'environnement, ce sont des passages majeurs de l'intrigue un poil plus verbeux, mais nécessaires à notre compréhension. Rassurez-vous, il est possible de passer ces scènes pour ne pas perdre de temps dans vos runs ou revoir en boucle l'introduction d'un boss après une défaite. Sinon, la mise en scène passe aussi parfois par des transitions bien réalisées entre cut-scenes et gameplay au sein même des zones de jeu, ainsi que quelques zooms et dézooms en fonction du décor, c'est assez rafraichissant et participe à l'immersion.

D(r)ead or Alive

Comme son prédécesseur sur 3DS, Metroid Dread ne nous prend pas trop par la main et affiche une difficulté certaine qui ne s'efface jamais totalement malgré nos améliorations toujours plus léthales, la vie se faisant d'ailleurs plus rare que les missiles. L'aspect Die & Retry n'est pour autant pas trop frustrant puisque nous recommençons assez près de la salle du boss ou de l'entrée de la zone E.M.M.I. où nous avons péri, mais attention à ne pas rage quit, car il faut tout de même sauvegarder manuellement au risque de perdre notre progression ! Les points de sauvegarde et ceux de recharge d'énergie et/ou de munitions sont par ailleurs très nombreux, tout le monde devrait y trouver son compte. En plus, tout comme dans Samus Returns, une fois notre première partie terminée, un mode Difficile se débloque pour prolonger le plaisir.

Le sentiment d'accomplissement est bien présent et très plaisant.

Metroid Dread Test 03 06 10 2021Les E.M.M.I., parlons-en. Ils sont l'aboutissement de ce que Nintendo avait tenté de proposer avec le SA-X, dont les pixels nous collaient des frissons étant jeune. Et cette fois, leur IA ne plaisante pas. Chaque secteur ou presque comporte ainsi une vaste zone dans laquelle l'un de ces robots va nous traquer sans relâche s'il nous détecte. Outre leur agilité sans égale, chacun à sa petite particularité bien retorse, telle qu'une vitesse accrue. Ajoutons à cela des environnements tortueux ne nous mettant pas à notre avantage et un certain grain rendant l'image plus sombre, et nous obtenons réellement cette sensation d'effroi que doit ressentir Samus. Pour couronner le tout, notre équipement classique est totalement inefficace contre eux et tout contact est synonyme de Game Over. Vous pouvez toujours essayer de contrer pour vous enfuir, si 1 % de chance de réussite ne vous effraie pas... Fort heureusement, il est possible d'obtenir temporairement le Canon Oméga via un mini-boss redondant faisant un peu penser à Mother Brain, seule arme pouvant les tuer. Les séquences originales sous haute tension nous le faisant utiliser font basculer la vue 2D de côté, avec pour effet d'accentuer l'oppression ressentie en voyant se rapprocher cet ennemi, un régal. Et outre l'aspect purement gameplay de ces zones spéciales, leur présence est finalement assez cohérente une fois la lumière faite sur ce qui se trame sur ZDR.

N'allez pour autant pas croire qu'ils sont la seule menace de cette planète, oh non. La faune locale est variée entre organismes vivants et créations robotiques, allant de pair avec la diversité des environnements. Bon, certaines créatures ont des patterns qui se répètent, mais le résultat nous a pleinement satisfaits. Du côté des boss, sans parler des E.M.M.I., leur nombre est dans la moyenne des jeux de la licence et cela en ne tenant pas compte de ceux que nous affrontons à plusieurs reprises avec de légères différences. La variété est là encore le mot d'ordre, puisque certains occupent tout l'écran voire plus, tandis que d'autres sont à une échelle plus « humaine ». Dans tous les cas, il nous est arrivé bien des fois de nous dire que l'obstacle sous nos yeux était impossible à franchir, de mourir à maintes reprises, puis de finir par comprendre toute la subtilité du pattern de notre adversaire avant de l'anéantir. Oui, le sentiment d'accomplissement est bien présent et très plaisant. Il ne faut pas se laisser décourager et recommencer encore et encore. Au cours de ces duels à la manière de David contre Goliath, des séquences contextuelles à l'aspect cinématique peuvent survenir si nous appuyons sur la touche de Frappe de riposte, non obligatoires et lors desquelles nous pouvons tirer des missiles ou notre rayon pour blesser plus vite notre cible, rendant l'action encore plus intense et jouissive.

Metroid Dread Test 04 06 10 2021Cette capacité introduite par MercurySteam dans le précédent épisode est ultra efficace, puisque chaque ennemi ou presque peut être tué en un coup grâce à elle, proposant une approche plus musclée que devoir tirer à distance, mais aussi un peu plus risquée (nous prenons vite le coup de main), ce qui est récompensé par de l'énergie et des munitions en plus grande quantité. Bon, nous ne pouvons tout de même pas nous empêcher de la trouver un peu cheatée par moment. Autre mécanique faisant son retour, les techniques Aéion sont bien mieux intégrées au rythme du jeu, puisque la jauge se recharge automatiquement après usage et leur utilisation est plus naturelle. Parmi elles, nous trouvons le Camouflage spectral pour devenir invisible, pratique face aux E.M.M.I., et le Déplacement phasique, notre préférée, qui dynamise notamment les combats de boss en permettant des esquives millimétrées.

Le reste de l'arsenal de Samus est sinon assez classique et ne révolutionne pas vraiment la recette de Fusion, avec divers rayons, missiles et bombes dont l'obtention débloque de surcroit l'accès à de nouvelles zones, la base même d'un bon Metroidvania. Notons tout de même quelques ajouts qui s'intègrent bien dans ce processus, avec l'Arachnoaimant pour grimper des murs à la surface magnétique (à l'horizontale et à la verticale) et le Rayon grappin qui permet par exemple de se balancer depuis un point d'accroche. Cela va de pair avec la mobilité accrue de notre personnage, désormais capable d'une glissade pour se faufiler rapidement sous un obstacle et de tirer dans toutes les directions même en courant. Dans tous les cas, Samus se prend bien en mains aux Joy-Con et au Pro Controller, c'est donc un véritable plaisir que de parcourir ZDR en l'incarnant.

Paint it Black

Le terrain de jeu de Dread est vaste, bien fidèle à son héritage de titre en 2D side-scolling réutilisant l'ensemble des codes de la saga, même si nous pouvons ici parler de 2,5D au final. Les décors traversés sont assez dépaysants et saisissants de détails en arrière-plan, avec par exemple des créatures s'enfuyant à notre approche voire de légers teasing sur des menaces à venir. La perspective donne même par moment l'impression que nous pourrions nous y engager si nous n'étions pas bloqués sur un seul plan. Pour nous repérer dans ce dédale, il y a heureusement une carte que nous pouvons agrandir ou consulter directement depuis le menu, sur laquelle il est possible de placer des marqueurs colorés pour nous diriger ou indiquer l'emplacement d'un objet. Six étant disponibles par secteur, leur utilisation est désormais bien plus pratique. La progression s'y fait de manière assez naturelle voire presque dirigiste sur certaines sections, mais attention, nous avons aussi vite fait de nous y perdre.

MercurySteam a désormais entièrement accaparé l'ADN de Metroid.

Metroid Dread Test 05 06 10 2021Comme pour notre preview, nous avons réalisé ce test sur la nouvelle Nintendo Switch (modèle OLED) (lire nos impressions) et ce fut donc un vrai plaisir de découvrir ces décors en mode Portable avec des couleurs vives et vibrantes, ainsi qu'une certaine finesse à l'image. Bref, si vous en avez l'occasion, ce sont là des conditions de jeu optimales pour profiter de Metroid Dread. Et en mode TV ? Eh bien, le rendu n'est pas du tout mauvais, nous n'avons rien trouvé de spécial à y redire. Dans tous les cas, les effets visuels avec les reflets sur la combinaison de puissance ou encore la pluie en fond sont vraiment réussis. Pour autant, quelques textures manquent un peu de peps, mais il faut vraiment y prêter attention. Le reste de la technique est impeccable, nous n'avons en effet rencontré aucun bug, seule la cinématique en prenant un Téléporteur (qui font leur retour) nous ayant semblé présenter une très légère latence, mais il se peut que ce soit tout à fait normal. Et, oui, Samus navigue entre les zones de différentes manières, des ascenseurs et des navettes étant par exemple présents.

Et pour nous accompagner tout au long de notre périple, divers thèmes sonores viennent nous régaler, avant tout là pour poser une ambiance. Les fans reconnaîtront évidemment quelques reprises dans le lot, difficile de se passer des grands classiques de Super Metroid après tout ce temps. Les mélopées lors de la récupération d'améliorations auprès d'une statue Chozo ou la reprise d'une partie depuis un point de sauvegarde ont tout d'une madeleine de Proust pour le coup. Le sound design n'est pas en reste, bien immersif, et les rares doublages (en plus d'Adam) sont convaincants. Ces derniers sont d'ailleurs une première pour un épisode 2D, si nous mettons de côté la voix d'alerte résonnant dans la station B.S.L. de Fusion.

Avant de conclure, la question de la durée de vie se pose forcément. Metroid Dread ne déroge pas aux normes de la saga et il nous aura fallu près de 9h35 pour notre première run en récupérant moins de la moitié des objets et sans chercher à nous dépêcher évidemment. Si vous souhaitez débloquer d'autres fins, il faudra bien tracer, c'est la base de la licence après tout, lui assurant une bonne rejouabilité si vous êtes un adepte du speedrun. Pas sûr en revanche que la récompense en vaille la peine. De même, la Galerie Chozo fait son retour dans le menu de notre sauvegarde avec des illustrations à débloquer comme dans Samus Returns en récupérant les collectibles, un travail de longue haleine qui demande un sacré doigté et se révèle pour certains assez frustrant, les développeurs se sont fait plaisir. Seul bémol, vous devrez effacer votre partie pour tout débloquer sur un même emplacement de sauvegarde (3 au total), les bonus n’étant pas conservés entre les slots. Il est aussi possible d'y consulter le Journal sans avoir à charger notre partie, idéal pour se repasser des transmissions d'Adam.

Metroid Dread Test bannière 06 10 2021

L'attente valait effectivement la peine, MercurySteam a désormais entièrement accaparé l'ADN de Metroid et propose avec Dread un jeu se renouvelant sans cesse, qui ne nous laisse jamais le temps de nous ennuyer, même s'il réutilise une recette bien connue et toujours aussi délicieuse. Oui, nous pouvons effectivement parler d'apothéose, voire d'un véritable tournant pour la licence nous rendant bien curieux quant à son avenir. Merci MercurySteam, merci Nintendo, nous espérons désormais que les aventures de Samus sous ce format continueront de voir le jour, et ce plus régulièrement. En attendant, Metroid Dread peut déjà être classé au rang des indispensables de la Switch.

Metroid Dread est disponible sur Amazon au prix de 49,99 €.

Les plus
  • Un épisode spectaculaire sur bien des points
  • Une bonne durée de vie, pour un Metroid
  • Le gameplay ultra solide et nerveux à souhait
  • Une technique quasi irréprochable
  • La bande-son et le sound design au top
  • Une difficulté bien dosée
Les moins
  • La technique Comète de l'Accélérateur, toujours aussi frustrante
  • La voix synthétique d'Adam, peut mieux faire
  • La non-conservation des bonus entre les slots de sauvegarde
Notation
Graphismes
18
20
Bande-son
17
20
Jouabilité
18
20
Durée de vie
17
20
Verdict
18
20
redacteur vignetteAlexandre SAMSON (Omega Law)
Responsable Correcteur - Rédacteur
Accro à Assassin's Creed et Destiny, grand amateur de RPG et passionné d'expériences vidéoludiques en général. Lecteur de comics (DC) et de divers mangas (One Piece !). Chimiste de formation et Whovian dans l'âme.
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