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CRITIQUE de la Saison 1 de The Boys sur Amazon Prime Video : la face cachée des super héros

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La nouvelle série de Eric Kripke adaptée du comics de Garth Ennis et Darick Robertson est disponible depuis le 26 juillet dernier sur Amazon Prime Video. La première saison de 8 épisodes plante le décor d’un monde cynique où les super héros ont le mauvais rôle. Incontournable !

Un scénario sans limite


Dans un monde qui ressemble beaucoup au nôtre, les super héros sont de purs produits marketing gérés par Vought International, une entreprise toute puissante basée à New York. Dans son immense building évoluent les Sept, un groupe de super héros sélectionnés à la fois pour leurs pouvoirs et leur popularité potentielle auprès d’un public demandeur d’idoles. Hughie Campbell fait partie des fans de ce groupe de personnes hors du commun, jusqu’au jour où sa petite amie Robin se fait littéralement pulvériser sans raison sous ses yeux par A-Train, le super héros le plus rapide de la bande. Pour Hughie, c’est le début d’une quête de vengeance rocambolesque pilotée par Billy Butcher, un homme aussi violent que mystérieux, qui a lui aussi une dent contre Vought et les Sept.

Auteur de The Boys, Garth Ennis est également à l'origine de Preacher, un roman graphique ultra-violent qui tire à boulets rouges sur la religion.

The Boys Tome 1

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Quand le nom de Garth Ennis est évoqué, il est généralement question de violence, de cynisme et d’une critique plus que prononcée contre la société américaine. Il faut dire que le scénariste de comics est également l’auteur de Preacher, un roman graphique ultra-violent qui tire à boulets rouges sur la religion et qui a lui aussi fait l’objet d’une adaptation en série. Dans The Boys, la religion a également une place importante, notamment en raison du fait que les pouvoirs des super héros sont présentés comme un don de Dieu.

Mais l’adage est désormais bien connu : de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités. Et pour certains des Sept, voire la globalité, c’est un constat qui coince. Drogue, harcèlement sexuel, ultra-violence injustifiée, culte de la personnalité… quasiment tout ce qui n’est pas un sujet habituel dans les histoires de super héros est ici directement évoqué.

the boys.62297111128.original e1565344688808Le postulat de The Boys, qui est de révéler la face cachée des super héros généralement dépeints comme propres sur eux et au service de la population, est diablement intéressant et magistralement traité. À l’heure où les super héros n’ont jamais été aussi populaires, car présents sur tous nos écrans, la série d’Eric Kripke dynamite beaucoup de clichés afin de rendre ces héros du peuple détestables à souhait. Pour enfoncer le clou au maximum, le scénario n’a aucune limite, n’épargne aucun moment gore ou situation moralement (très) discutable. Si la jubilation est de mise, le malaise est également régulièrement au rendez-vous, ce qui tend à souligner la réussite de la série.

Qui aime bien châtie bien

Les Boys du titre désignent l’équipe de Billy Butcher et Hughie Campbell. Accompagnés de Frenchie, un sympathique escroc un brin dérangé et La Crème, un éducateur spécialisé en plans foireux, leur objectif est de faire tomber Vought, mais surtout Le Protecteur, le chef des Sept. Propre sur lui en public, il s’avère sans problème être le pire de tous. Tous les coups sont permis entre les deux camps, qui agissent dans l’ombre, mais pas pour autant dans la discrétion. Des scènes violentes parsèment la série, le sang et les viscères giclent et certains plans sont difficiles à regarder. Pourtant, la violence reste un cran en dessous de celle du comics, mais comme elle est plus réaliste, elle reste malgré tout bien en tête. Édité à l’origine par Wildstorm, l’un des labels de DC Comics, The Boys met en scène des caricatures de super héros de l’éditeur, que vous n’aurez aucun mal à reconnaître. C’est sans doute ce constat, associé à la violence de la bande dessinée, qui a poussé Wildstorm à annuler la série au bout de six chapitres. The Boys a ensuite été édité par Dynamite Entertainment, moins regardant sur le côté satire sanguinolente.

Des scènes violentes parsèment la série, le sang et les viscères giclent et certains plans sont difficiles à regarder.

GXUV2MKLJPFXNC7LG4ENJ2EL74Bien que le thème de la série soit les super héros, The Boys n’a absolument rien d’un show familial. Sa noirceur, son cynisme permanent et ses scènes dérangeantes pour de multiples raisons en font un programme à ne pas mettre devant tous les regards. La palme de l’interprétation revient sans aucun doute à Antony Starr, l’interprète du Protecteur, qui remplit chaque scène où il apparaît d’une ambiance hautement malsaine. Karl Urban, qui prête ses traits à Billy Butcher, est également des plus convaincants, et pousse fréquemment à s’interroger jusqu’où il est possible d’aller tout en restant dans le camp des « gentils ». Pour l’anecdote, Karl Urban a incarné Dredd sur grand écran il y a quelques années : un autre personnage de comics très violent auquel a collaboré Garth Ennis.

Si les lecteurs du comics, achevé en 2012, craignent de n’avoir aucune surprise en visionnant la série, qu’ils se rassurent : si le ton général est conservé, le scénario a subi des changements notables pour s’adapter au mieux au petit écran et intégrer quelques surprises bienvenues. La narration d’Ennis n’est probablement pas la plus évidente à mettre en mouvement, mais il est appréciable de voir les efforts réalisés dans la mise en scène des huit épisodes qui composent cette première saison. Son final donne assurément envie de voir la suite, qui est d’ores et déjà en tournage.

Une série déjà incontournable

The Boys réussit le pari de surfer sur la mode des super héros tout en torpillant sans vergogne ce qu’ils représentent. Le timing pour adapter le comics est parfait et démontre le côté visionnaire de Garth Ennis, qui avait flairé il y a plus de 10 ans la montée en puissance des super héros (fictifs, certes) dans la culture populaire.

The Boys Ban image

Car la série ne dégomme pas uniquement les « sups » : elle s’attaque également à ceux qui en font aveuglément des stars. Derrière sa mise en scène cynique et violente, The Boys pose de réelles questions sur le culte de la personnalité, la pression générée par les attentes du public et l’autorité que cela donne à des êtres aux pouvoirs potentiellement destructeurs. De là à penser que les super héros de The Boys représentent autre chose dans la vie réelle, il n’y a qu’un pas. En attendant une seconde saison attendue en 2020, vous pouvez d’ores et déjà visionner l’intégralité de la première saison de The Boys, soit huit épisodes, sur Amazon Prime Video.

Note : 5 étoiles sur 5

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