À la Gamescom, nous avons pu prendre en main JOIN US, un jeu de survie en monde ouvert dans lequel il faut fonder, développer et défendre sa propre secte. Derrière son humour volontairement absurde se cache toutefois une formule beaucoup plus classique qu'elle n'en a l'air.
Développé par Wolf Haus Games, JOIN US nous place dans la peau d'un membre d'une secte apocalyptique envoyé au cœur de l'Amérique rurale pour y ouvrir une nouvelle branche. Avant de commencer, nous choisissons notre personnage, l'emblème et les couleurs de notre groupe, la tenue des adeptes, ainsi que la manière dont ils seront renommés après leur recrutement. La personnalisation reste encore assez encadrée dans cette version, mais elle suffit déjà à donner une identité à notre future communauté.
La démo débute par un court tutoriel destiné à nous apprendre les commandes principales : frapper des objets avec une batte, manier plusieurs armes à feu, répondre à quelques demandes volontairement douteuses du « Leader ». Celui-ci commente nos choix par radio et n'hésite pas à s'en moquer. Le ton est immédiatement donné : JOIN US traite son sujet par la satire, avec un humour noir qui repose autant sur les dialogues que sur le décalage entre les ordres reçus et la manière dont nous choisissons de les exécuter.
Les fondamentaux du survival
Une fois cette initiation terminée, nous voilà envoyés dans une petite ville américaine pour prendre possession d'un bâtiment abandonné. L'endroit doit devenir le quartier général de la secte, mais il faut d'abord le sécuriser avant d'entamer son aménagement. Nous retrouvons alors les fondamentaux du genre : récolter matériaux et nourriture, fabriquer du mobilier, planter des cultures, installer des lits et construire les éléments nécessaires au fonctionnement du camp.
Le jeu laisse une certaine liberté dans la manière de récupérer les ressources : explorer les environs, chasser, cultiver, fouiller différents lieux ou voler directement les habitants. Ces actions ne sont évidemment pas sans conséquence. Une agression ou un tir mal placé peut attirer la police, tandis que les animaux sauvages représentent eux aussi une menace. Habitants, forces de l'ordre et groupes locaux pourront progressivement s'opposer à l'expansion de la communauté.
Recruter, convertir, contrôler
L'étape suivante consiste à recruter les premiers adeptes. Chaque personnage rencontré possède ses propres caractéristiques et une sensibilité plus ou moins forte à notre propagande. Nos chances de le convaincre dépendent de ses dispositions, de notre niveau et de la réputation de la secte : la réussite ne repose donc pas uniquement sur la conversation, mais sur plusieurs statistiques et une part de hasard. Le système manque pour l'instant d'un peu de naturel, mais il pourrait gagner en intérêt à mesure que les possibilités de recrutement et les croyances se développeront.
Une fois convertis, les nouveaux membres rejoignent le camp et peuvent être affectés à différentes tâches — s'occuper des cultures, participer à la défense des lieux. Nous pouvons aussi prendre directement le contrôle de n'importe lequel d'entre eux, ce qui n'a rien d'anecdotique puisque chaque adepte dispose de compétences différentes : l'un sera plus efficace pour convaincre de nouvelles recrues, un autre davantage à l'aise au combat ou dans une activité précise.
Ce système de changement de personnage s'accompagne d'une mort permanente. Lorsqu'un membre disparaît, il reste mort — mais la partie continue : nous pouvons poursuivre l'aventure en incarnant un autre fidèle. La véritable unité centrale de JOIN US n'est donc pas un héros unique, mais la secte dans son ensemble, une idée qui rappelle certains aspects de State of Decay, où la communauté doit continuer à fonctionner malgré la perte de ses membres.
La secte évolue également selon les enseignements et les croyances que nous choisissons. Ces orientations fonctionnent comme un arbre de progression capable de modifier les avantages, les pratiques et potentiellement le comportement de la communauté. La démonstration ne permettait pas encore d'en mesurer toute la profondeur, mais cette mécanique pourrait devenir l'un des éléments les plus intéressants du jeu si nos choix produisent de véritables conséquences sur la campagne et le fonctionnement du camp.
Entre promesses et retenue
Sur le papier, JOIN US promet une montée en puissance importante. Nous commençons par couper du bois, récolter de la nourriture et construire nous-mêmes les premiers équipements, avant de déléguer progressivement ces tâches aux adeptes - l'objectif étant de passer du statut de simple survivant à celui de chef d'une organisation capable de produire ses ressources, de se défendre et d'étendre son influence. Le jeu proposera également une campagne scénarisée, tout en conservant la liberté et les situations imprévues propres au sandbox.
Cette première heure s'est pourtant montrée bien plus conventionnelle que les bandes-annonces ne le laissaient penser. Les cochons utilisés comme montures, les armes improbables et les phénomènes apocalyptiques sont bien présents dans l'univers du jeu, mais la démo se concentrait surtout sur la collecte, la construction et les premiers recrutements. Il faudra donc accepter une mise en place assez traditionnelle avant d'atteindre, du moins nous l'espérons, les situations réellement déjantées mises en avant pour présenter le projet.
La réalisation demande elle aussi encore du travail. Les animations manquent de souplesse, la conduite se montre assez rigide et les affrontements n'ont pas encore la précision attendue : le tir comme le combat rapproché restent fonctionnels, sans procurer de sensations particulièrement convaincantes. Quelques comportements imprévisibles des personnages et des animaux produisent des scènes amusantes, mais tous les problèmes techniques ne pourront pas être mis sur le compte de la nature chaotique du jeu.
JOIN US semble enfin pensé en priorité pour la coopération jusqu'à quatre joueurs. Le mode solo est possible, mais la répétition de certaines tâches et la dimension volontairement absurde de l'expérience devraient mieux fonctionner entre amis. Répartir la collecte, la construction, le recrutement et les affrontements pourrait donner davantage de rythme à l'ensemble, tandis que le moteur physique et les réactions du monde semblent conçus pour provoquer des situations collectives imprévues.
Premières impressions : Bonnes !
Cette prise en main laisse une impression partagée, mais plutôt encourageante. JOIN US possède une identité immédiatement reconnaissable, un humour assumé et plusieurs bonnes idées autour du recrutement, du contrôle des adeptes et de la progression collective. En revanche, la partie proposée à la Gamescom reposait encore largement sur les mécanismes habituels du jeu de survie et souffrait d'une réalisation assez raide. Le potentiel est là - reste à savoir si la folie aperçue dans les bandes-annonces deviendra rapidement le cœur de l'expérience, ou si elle ne servira qu'à habiller une longue boucle de collecte et de fabrication.
JOIN US est attendu en mars 2027 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Il doit également intégrer le Xbox Game Pass dès sa sortie.






