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Vignette Serious Game

Serious game : l'avenir des jeux vidéo en marche ?

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Notre dossier sur un secteur encore peu connu, mais en plein boum aujourd'hui, les "serious game".

Une révolution discrète est en marche dans le monde des jeux vidéo. Encore peu connu en France, le phénomène naissant des serious games prend de l'ampleur. En périphérie du marché traditionnel des jeux vidéo, s'est développé celui du serious gaming, il représente une dizaine de millions d'euros en France, contre plusieurs centaines de millions de dollars aux États-Unis. Le gouvernement américain, Coca-Cola, la RATP, l'ONU, chacun y va de son serious game. Enrôler, recruter, former, faire de la publicité, le serious game semble pouvoir tout faire. Marché prometteur, les jeux vidéo et cette nouvelle dimension en plein essor ont un bel avenir devant eux. En quoi consistent ces serious games ? Quels usages, et quelles compétences ? En quoi les jeux vidéo sont-ils adaptés pour être "sérieux" ?

 

serious-games-managers.

 

Serious game, jeux commerciaux, et jeux éducatifs

Le terme serious game, "jeu sérieux", a émergé il y a quelques années, notamment après la sortie du jeu, en 2002, America's Army. Dans ce FPS tactique financé par le gouvernement américain (7 milliards), vous incarnez un soldat au combat. Entraînement, missions, armes, environnements ultraréalistes, le titre est téléchargeable gratuitement sur PC, puis développé sur consoles. Ce jeu, véritable outil de propagande de l'US Army, vise ouvertement à enrôler de jeunes Américains.
La principale caractéristique du serious game, c'est qu'il développe un scénario à visée utilitaire. Le "jeu sérieux", s'il garde la structure d'un jeu vidéo commercial (gameplay...), ne va pas chercher le divertissement du joueur, il a un but précis à atteindre. Dans le cas d'America's Army : enrôler les jeunes. Le modèle économique des serious games est dès lors différent des jeux commerciaux. C'est le client qui va solliciter le développement du jeu, selon son besoin : délivrer un message, dispenser un entraînement (militaire, gestion...), etc.
Ainsi, à la différence des jeux éducatifs, comme l'emblématique Adibou, le serious game garde une structure vidéoludique, avec un gameplay développé et accrocheur. Les jeux éducatifs, à but purement pédagogique, ont pour la plupart un gameplay inexistant ou très restreint ; ils peuvent par exemple être composés d'une multitude de petits exercices originaux.
S'il peut être dédié à l'apprentissage scolaire, le serious game  est surtout utilisé pour répondre à des intérêts économiques ou politiques : entraînement militaire, défense d'une cause humanitaire, publicité d'un produit de grande marque, assimilation de compétences pour les salariés d'une entreprise, ou encore l'évaluation d'étudiants...
Phénomène en plein essor, le serious game intéresse donc de nombreux acteurs de par ses multiples facettes et usages. Forme innovante de communication, de marketing, de management, les jeux sérieux ont un bel avenir devant eux.

 

America's army

 

Le serious gaming un phénomène en vogue :

Googler "serious game" suffit à mesurer le dynamisme qui entoure ce nouvel usage vidéoludique.
Articles de presse, sites, blogs, études, thèses... En quelques années les serious games, phénomène naissant et encore peu connu, ont pris une ampleur considérable, et constituent un véritable marché économique. S'ils existent depuis longtemps, ce n'est que récemment que les "jeux sérieux" ont été définis, théorisés. Dès lors, universitaires, gouvernements, entreprises, ONG, exploitent ces serious games au service de leurs propres intérêts. En France, on estime que la moitié des entreprises du CAC 40 s'intéressent ou ont déjà fait appel à des serious games. À Lyon, en novembre 2011, s'est tenu le Serious Game Expo, "le rendez-vous incontournable des producteurs, des créateurs et des développeurs de jeux vidéo sérieux, secteur en plein boom". Toujours en France, Nathalie Kosciusko-Morizet, alors Secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, affirmait en 2009 : "Le serious gaming est en plein développement : la France doit l'investir". A cet égard, un appel à projet de 20 millions d'euros pour le serious gaming a été lancé en mai 2009. La France ne voit là que les prémices du développement du serious gaming, avec un marché d'une dizaine de millions d'euros, bien derrière les États-Unis et leur marché de plus de 400 millions de dollars, ou encore l'Angleterre qui a créé un institut dédié au serious gaming.

 

serious game

 

Commenter 4 commentaires

GIMB
Enfin, en même temps, quand tu joues, c'est pour te détendre et pas pour te bousiller les neurones. Je demande pas à réfléchir comme un taré dans un jeu, moi!
Après, faut trouver le juste milieu et rendre le jeu raisonnablement difficile.

Y'a l'école pour être un zombie intellectuel, je crois que c'est suffisant. Le jeu vidéo essaye de développer un chemin qu'il devrait peut-être éviter...
Il risque d'oublier peu à peu le but 1er de sa raison d'exister: le divertissement.
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JYveszzr
Alors ... que dire ...?

Le jeu éducatif ça existe, ça à toujours existé.
J'ai... hum.... bientôt 50 balais...
J'ai connu l'informatique grand public à ces débuts quand j'étais ado.Je suis donc passé comme tous les vieux geek (ahhh c’était mieux avant mais qu'est ce que c'était moche ... enfin bon c'est un autre débat ) par la console pong/tennis puis la coleco vision, mon premier micro un Alice 90, un canon MSX, un C64, un Amiga et le premier PC. Tout ceci en un temps relativement court, je ne me souvient pas de nom de jeux "éducatifs" mais on pouvais déjà trouvé des jeux qui soit disant aidaient à l'éducation....
Puis le temps passant, ben, couple et enfants.....
Comme tout bon geek ils ont fini par avoir leurs PC ( relativement jeune ) monter avec les piéces récupéré au fond des placards.
Sont donc arrivé (ceux dont je me souvient le nom) adibou, marine malice, l'oncle Ernest, Pyjama Sam, Pouce Pouce etc......
J'ai donc pu constaté que le jeu éducatif ne tient pas la route si il n'y a pas jeu, car ces titres sont bien des jeux qui aux détours apprennent des choses mais reste avant tout des jeux.
Les "apprengiciels" dont je ne me rappelle plus les noms n'ont jamais plus à mes gosses ils sont donc passé aux oubliettes car trop sérieux mal conçu trop directif, comme l'école quoi.

Le jeu est une distraction pour les gens. Comme pour le cinéma il y a un public pour tous les genres, mais la majorité va vers le genre "je quitte mon univers pour me vider la tête et oublier un quotidien pesant et sans fun".

Quand on me dit que les jeux vont devenir "sérieux" cela me laisse dubitatif... c'est comme dire que le cinéma va se "Godard"risé.... laissez moi rire si les acheteurs ce tourne vers des jeux sérieux, en majorité, je pense que l'on sera réellement rentré dans une société de gens qui achète Télérama tous les jeudi et qui suivent à la lettre ce qui est écrit dedans. Une société de cato bien pensant ou le jeu n'aura bientôt plus sa place....

Enfin bref je n'y crois pas.... sinon pourquoi autant de succès pour BF Wow SWOR Skyrim Assassin's creed ect....

Pour parler plus précisément de cet article, j'ai essayé à l'époque de sa sortie le jeu de l'us army ben j'ai lâché l'affaire rapidement et suis retourné sur mon MOH... le "serious game" RATP ect ? ne parle t’ont pas plutôt de simulateur d'entrainement que de "game" pareil cela à toujours existé.
Quand au jeu September12 l'idée que la violence ne peut combattre le terrorisme.... me laisse pantois. Le terrorisme n'en est que lorsque l'on en est la victime... mais la frontière est mince entre terroriste et résistant.... pour les allemands en France victime d'attentat lors de la dernière guerre, ils étaient victimes de terrorisme.(point Godwin atteint assez rapidement :D ) Attention je ne cautionne pas le terrorisme mais la philosophie de ce jeu me parait pour le moins simpliste et dirigé....

Je ne crois pas donc au fait que les serious game s'imposeront plus qu'ils ne le font actuellement, ils ont leurs place mais ne concerne qu'une minorité bien spécifique comme les simulateur de camion poubelle ect....
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cR4p0
Dossier très intéressant, l'ayant étudié en cours j'ai un autre avis que les réactions que j'ai pu voir du coup je me permet de réagir à leur propos :

GIMB a écrit:Enfin, en même temps, quand tu joues, c'est pour te détendre et pas pour te bousiller les neurones. Je demande pas à réfléchir comme un taré dans un jeu, moi!
Après, faut trouver le juste milieu et rendre le jeu raisonnablement difficile.

Y'a l'école pour être un zombie intellectuel, je crois que c'est suffisant. Le jeu vidéo essaye de développer un chemin qu'il devrait peut-être éviter...
Il risque d'oublier peu à peu le but 1er de sa raison d'exister: le divertissement.


Je ne suis pas forcément d'accord avec ta conception du jeu vidéo. Avant d'être un divertissement, c'est avant tout une expérience, tant dans la démarche active d'entrer dans un univers vidéoludique que dans les enseignement implicites qu'il t'apporte (apprentissage d'un gameplay, réflexes mis en oeuvre, découverte d'un univers inconnu jusqu'alors, choix durant une partie).
Ceci étant, on constate que l'évolution du JV aujourd'hui suit la même politique que celle du cinéma et de la télévision, à savoir divertir. Dès lors, on pourrait être en droit de penser que la conception d'un JV a pour principal but de divertir, ce qui est loin d'être son objectif premier.
C'est un syllogisme que de penser que le JV se cantonne à nous divertir.
L'usage qu'on peut avoir du jeux-vidéo peut être divertissante, au même titre qu'un film qu'on irait voir au cinéma, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Tout les films ne sont pas divertissants et tous les jeux-vidéo ne le sont pas. Rappelons tout de même que le cinéma s'est élevé au rang d'art et que le jeux-vidéo se dirige vers cette dénomination.

Alors certes la conjoncture actuelle fait que les éditeurs obéissent à la loi de la rentabilité maximale, donc il est évident qu'on verra sans cesse des titres phares continuer jusqu'à épuisement, dont l'objectif n'est pas une expérience ni le divertissement des joueurs mais une rentabilité maximale de la part des éditeurs. On pourrait faire un parrallèle avec les blocs busters baclés ou les tv réalités.
Seulement le cinéma ne se cantonne pas qu'à des blocs busters, prenons un film comme Dancer in the dark, Straight Story ou même encore Rubber. Ce sont des films qui n'ont pas vocation de divertir les gens mais partager une expérience cinématographique, nous faire ressentir des choses, nous montrer autre chose que ce qu'on a l'habitude de voir. Certes ces films sont peu nombreux comparés au reste mais limiter son raisonnement dû au simple fait qu'un grand nombre de jeu nous divertissent, c'est contre nature.

Je reste persuadé que certaines pépites vidéo-ludiques apportent plus qu'un simple divertissement au même titre que la musique, le cinéma ou toute autre forme de création. En ce sens, les serious-games ont un intérêt particulier. Je ne dis pas que les serious games doivent prendre le contre pied des jv "classiques", je dis simplement que certains serious games permettent plus facilement d'évoquer ce genre de problématique de part des intérêts économiques plus maléables et un objectif moindre. Je reste intimement persuadé qu'au même titre que certains réalisateurs mondialement connus, l'évolution du JV fera qu'on assistera à des JV d' "auteur", qui sortiront des sentiers battu de ce que j'appellerai les "junk games".

Personnellement, j'ai joué à certains serious games et ils m'ont (pour la plupart) fait beaucoup réfléchir sur des questions d'ordre politique, économique ou même moral. L'exemple le plus frappant est Peace Maker. Un jeu très simpliste dans son gameplay (une simulation gouvernementale, entre le "grand" stratégie et le tour par tour), mais très riche dans les possibilités offertes au joueur. Placé à la tête d'une des deux nations, le but est de faire en sorte qu'une harmonie puisse exister dans cette zone du monde, en prenant des choix qui auront un impact sur la population, sur les électeurs, sur la situation économique du pays, ou l'image renvoyé au monde et au organisations intergouvernementales. Le but de ce jeu n'est clairement pas le divertissement, mais bel et bien une réflexion sur une situation donné, qu'on pourrait qualifier comme "Si tu avais les commandes, est-ce que tu ferais mieux que ce qui se fait déjà?"
(à méditer)...

Je pourrais en citer plein d'autres, mais les intéressés peuvent trouver des catalogues de serious games tous plus intéressants les uns que les autres.

JYveszzr a écrit:Quand on me dit que les jeux vont devenir "sérieux" cela me laisse dubitatif... c'est comme dire que le cinéma va se "Godard"risé.... laissez moi rire si les acheteurs ce tourne vers des jeux sérieux, en majorité, je pense que l'on sera réellement rentré dans une société de gens qui achète Télérama tous les jeudi et qui suivent à la lettre ce qui est écrit dedans. Une société de cato bien pensant ou le jeu n'aura bientôt plus sa place....


Si pour toi Godard est l'emblème du sérieux on est mal ! Sans vouloir rentrer dans le détail, la nouvelle vague c'était de la branlette question réflexion, le scénario tenait sur un paquet de cigarettes, le but était plus de capter une sorte d'instantanéité sans chercher le sur-jeux qui existait auparavant.

De plus je pense que ton raisonnement sur ce point ne tient pas la route, tu sous entend que les gens qui achèteraient des jeux sérieux ne seraient que des moutons qui font ce qu'on leur dit de faire. Juste une question, quand tu regarde les émission de divertissement ou que tu achète les jeux les plus "populaires", n'as-tu pas l'impression de faire justement "comme tout le monde", n'as tu pas l'impression d'inconsciemment suivre le troupeau?

"C'est dans la différence que se cultive l'intelligence"
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